Le Royaume d’Arabie saoudite se distingue dans l’apiculture et la production de miel grâce à sa vaste superficie de 225 000 000 hectares, à son climat, à la diversité de ses reliefs et à sa couverture végétale. Environ 2 250 espèces végétales y ont été recensées, dont près de 70 % dans la région d’Asir (Collentte 1998, 1999). Leur répartition est fortement adaptée au relief et leur densité dépend largement de la quantité et de la saisonnalité des précipitations. Le Royaume se caractérise également par une diversité topographique comprenant des hauts plateaux montagneux, parmi lesquels les montagnes Sarawat sont les plus importantes. Elles s’étendent depuis la frontière du Royaume avec la République du Yémen au sud jusqu’aux environs de la ville de Taif au nord, avec des altitudes variant entre 800 et 3 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. De grandes vallées descendent de ces montagnes vers l’est et l’ouest, telles que Wadi Jizan, Wadi Najran, Wadi Tathleeth, Wadi Bisha, Wadi Al-Hamad, Wadi Al-Rummah, Wadi Yanbu et Wadi Fatimah. Ces montagnes, qui s’étendent sur plus de 1 000 kilomètres, sont considérées parmi les plus importantes zones d’apiculture du Royaume en raison de la disponibilité des particulièrement adaptés à l’élevage des abeilles, notamment au printemps et en été à la suite des pluies hivernales, printanières et estivales. Les précipitations annuelles moyennes atteignent environ 400 mm à Jizan, 207,9 mm à Khamis Mushait, 442,3 mm à Al-Namas et 368,5 mm à Baljurashi. À l’est des montagnes Sarawat, le long de la mer Rouge, s’étend la plaine côtière de Tihamah, longue d’environ 1 100 kilomètres et large de 60 kilomètres, où les précipitations moyennes atteignent 100 mm. Ainsi, les apiculteurs se déplacent vers les régions côtières au début des pluies à la fin de l’automne et en hiver afin d’éviter le froid des régions montagneuses et de profiter des qui se développent après les pluies. Ces pâturages se distinguent par l’abondance de pollen que les apiculteurs utilisent pour renforcer les colonies affaiblies pendant la saison de récolte du miel, caractérisée par une faible disponibilité de pollen (Abulfatih, 1984 ; Moustafa and Alwadi, 2010, 2016).
L’apiculture et l’industrie du miel connaissent une croissance rapide et un développement remarquable dans tout notre cher pays grâce aux efforts déployés par les individus et les organismes concernés, tels que le ministère de l’Agriculture, qui a récemment commencé à mettre en œuvre certaines mesures contribuant au développement de l’apiculture. Ces mesures incluent l’élaboration d’une législation réglementant la profession d’apiculteur et la préparation d’une stratégie visant à promouvoir l’industrie apicole. Ces dernières années, le ministère a également fait appel à des consultants universitaires pour contribuer à l’élaboration de stratégies, à la formation et à l’orientation. En outre, la présence d’enseignants-chercheurs saoudiens spécialisés dans les sciences apicoles au sein des universités du Royaume a favorisé la réalisation de recherches et de projets de recherche visant à développer la profession apicole et à résoudre les problèmes et obstacles auxquels font face l’apiculture, l’industrie du miel et les professionnels du secteur. Cela a conduit plusieurs entités gouvernementales et privées à soutenir les petits projets liés à l’apiculture et à promouvoir l’utilisation des abeilles comme source permanente de revenus pour les familles défavorisées dans le cadre des programmes de développement local mis en œuvre dans différentes régions d’Arabie saoudite.
C’est dans ce contexte que l’Université King Khalid a pris l’initiative de proposer la création du Centre de recherche sur les abeilles et leurs produits afin de contribuer au développement scientifique et industriel que connaît le Royaume d’Arabie saoudite dans le domaine de l’apiculture et de l’industrie du miel, en harmonie avec la Vision 2030 de notre pays, qui met l’accent sur la transition vers une économie fondée sur la connaissance. Sur cette base, nous proposons la création d’un centre scientifique de recherche sur les abeilles et leurs produits, avec pour objectif de transformer les résultats de la recherche en produits et industries à valeur ajoutée pour l’économie nationale dans le domaine des sciences apicoles et des produits de la ruche. Ces produits constitueront un facteur important de progrès scientifique, économique et industriel pour notre cher pays, tout en sensibilisant à l’importance des abeilles mellifères ainsi qu’à la valeur nutritionnelle, médicinale, thérapeutique et économique de leurs produits.